Chantal Maimon: Conseillère Municipale. Elue au Conseil d'Administration du CCAS
La ville compte 797 logements sociaux soit moins de 7 % du parc. Le maire privilégie la catégorie PLS, inaccessible aux bas revenus, ce que lui reproche l'opposition. Avec un taux de logement social qui n'atteint pas les 7 %, Mandelieu-la-Napoule fait figure de mauvais élève au regard de la loi SRU qui en impose 20 % aux communes.
On compte 797 logements sociaux à Mandelieu. Il en manque donc 1 600 pour que la Ville respecte la loi. Une loi dont le maire Henri Leroy « doute qu'elle soit applicable dans les Alpes-Maritimes compte tenu du prix du foncier ».
S'il reverse son amende - 330 000 e en 2008 - directement aux bailleurs sociaux, le maire le martèle depuis toujours : « Je ne veux pas faire de HLM ». Et de citer le mauvais exemple de La Bocca qui, « concentrant tous les logements sociaux, se ghettoïse », selon lui.
« 30 % de PLS sur tout projet »
Le credo de la municipalité, c'est la mixité, dans les quartiers et au sein même des immeubles.
Cela tombe bien, elle est désormais imposée par la loi à tout projet immobilier privé. Dans ce cadre, l'option assumée du maire est claire : privilégier les logements de catégorie PLS (prêt locatif social) dits « logements pour actifs », plutôt que des PLUS (prêt locatif à usage social) destinés aux revenus les plus faibles.
« On demande 30 % de PLS à tous ceux qui veulent construire du collectif », indique Henri Leroy.
Ainsi, sur 470 nouveaux logements privés programmés depuis 2001, il y a 270 logements sociaux dont 125 ont déjà été livrés.
Les dernières livraisons : 37 logements à Riviera Park en centre-ville, 14 au Nouveau Logis d'Azur, 45 à Bellevue au Capitou... 70% sont en PLS.
Pour Bernard David, conseiller municipal UMP de l'opposition, « le PLS est inadapté. Il se rapproche trop d'un loyer normal, et n'est pas accessible aux personnes qui gagnent le SMIC ». Sur la Côte d'Azur, le plafond de loyer pour un appartement en PLS est à 10 e le m2, soit 800 e pour un trois-pièces de 80 m2.
Intouchable pour une famille modeste.
Satisfaire ses administrés en priorité, c'est le credo du maire. « Les Mandolociens sont plus dans le profil du PLS, estime-t-il. Je n'ai jamais vu un père de famille s'occuper des enfants des autres. Le maire, c'est un père de famille ».
« Une « réserve » de gens aisés »
Pour Hervé Lavisse, conseiller municipal d'opposition de gauche, cette politique crée une « citadinité sélective ». « La vie, ce sont des départs, des arrivées, comme un coeur qui bât. Sinon, la cité devient une « réserve » de gens aisés ou très riches. Aujourd'hui, des gens qui travaillent à Mandelieu ne peuvent y habiter ».
Au CCAS de la ville, 232 familles, dont 190 mandolociennes, sont en attente d'un logement social. « Alors que la crise impacte d'abord le logement, on a diminué la liste d'attente d'une quinzaine de dossiers » se réjouit David Konopnicki, directeur de cabinet qui reçoit tous les foyers demandeurs. « Pour déceler les vulnérabilités sociales. La consigne du maire est de donner priorité aux femmes seules avec enfants ». Elles représentaient d'ailleurs 40 % des 59 logements affectés en 2009.
Commandée par la municipalité une enquête IFOP débutera à la fin du mois. Un millier de Mandolociens seront interrogés sur les priorités auxquelles ils souhaitent que la ville réponde. En 2001, c'était la sécurité. En 2006, l'environnement. « À chaque fois, on a suivi leur souhait » indique le premier magistrat. Et si cette fois-ci, c'était... le logement ?