Lundi 9 novembre 2009

Naturalisations : plus de moyens pour mieux traiter les demandes.

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Les milliers de dossiers qui étaient en souffrance avant 2007 sont peu à peu résorbés dans les Alpes-Maritimes.

Alors que le débat sur l'identité nationale vient d'être lancé par Eric Besson, le ministre de l'Immigration, la Côte d'Azur continue d'être une terre fertile d'intégration. En moins de cinq ans, ce sont, en effet, plus de 12 000 nouveaux Français qui ont été « baptisés ». Plus que jamais, alors que les conditions de l'obtention de la nationalité n'ont pas été assouplies.

Pas nouveau. Pendant l'entre-deux guerres, la population du département était à plus de 30 % étrangère. C'était le temps de l'immigration italienne, celle de la pauvreté narrée par Max Gallo dans La Baie des Anges, mais aussi celle de l'anti-fascisme. Un demi-siècle plus tard, les Rosso, Ricci et autres Bertini, tous descendants de ces travailleurs transalpins sont désormais 100 % Français.

Une si longue attente

Autre temps, autre flux migratoire cependant. La majorité, sans doute plus de la moitié des nouveaux citoyens français est désormais originaire des pays du Maghreb, essentiellement d'ailleurs de Tunisie. Pour autant, les naturalisés du troisième millénaire viennent de tous les continents.

Certains resteront à jamais anonymes et n'aspirent qu'à devenir de simples citoyens « au pays de la liberté », comme Jean-Antoine Sancho, ce septuagénaire d'origine espagnole à Vallauris.

D'autres, comme Svetlana Roudeva, cette quadra née dans l'ex-URSS, ont déjà porté haut les couleurs de leur nouvelle nation : elle fit retentir La Marseillaise sur la plus haute marche du podium des championnats du monde de tir à l'arc en 2005. Certains, pourtant, ont dû attendre des années avant de se voir remettre cette carte d'identité dont ils sont « fiers ». Le président de la COVIAM, qui vient en aide aux immigrés, confirme : « Jusqu'en 2007, les délais étaient le plus souvent extravagants dans les A.-M. Au point même d'imaginer qu'ils dissimulaient une volonté politique inavouable. En fait, il n'en était rien. ».

Si aujourd'hui, le chiffre des nouveaux naturalisés semble exploser, c'est donc bien parce que la préfecture a décidé de rattraper le temps administratif perdu.

Plus vite, plus symbolique

« Il y a deux ans, le nombre de dossiers en instance était de 5 200, représentant un délai d'attente de presque cinq ans », explique Christophe Fasille, le sous-préfet en charge de cette mission. « Ce contexte difficile ne pouvait perdurer. Aussi, le préfet a décidé de mettre en place une nouvelle organisation et de renforcer les moyens pour retrouver une situation normale. »

Moyens supplémentaires mais aussi nouvelle symbolique. « Aujourd'hui, le délai de traitement d'un dossier de naturalisation est de cinq mois. Du coup, nous étudions en ce moment, les demandes déposées en juillet 2009 et le stock de demandes en attente n'est plus que de 450, soit plus de douze fois moins qu'il y a deux ans. »

Mais ce n'est pas tout. Il y a -- depuis la loi de 2006 - ces cérémonies officielles, présidées par le préfet qui ressemblent à des « baptêmes nationaux » (voir ci-dessous).

En clair, si le débat voulu par Eric Besson pose la question « La nationalité française doit-elle se mériter ? », il se prolongera jusqu'au 4 février), tout le monde convient désormais que l'acquisition de la citoyenneté française mérite mieux qu'un coup de tampon officiel donné à la va-vite, entre la délivrance d'une carte grise et d'un certificat de non-gage... sur l'air de « Au suivant ! »

jfroubaud@nicematin.fr

pour mieux traiter les demandes

Jean-françois Roubaud
Nice-Matin
Par Chantal Maimon
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