Mardi 3 novembre 2009

Déchets de Cannes-Grasse :

La Roquette veut des garanties.

 C'est peut-être dans la plaine de la Siagne, sur la commune de La Roquette, que pourrait être implanté le futur centre de traitement des déchets. : Photo A. B.-J.

C'est peut-être dans la plaine de la Siagne, sur la commune de La Roquette, que pourrait être implanté le futur centre de traitement des déchets. : Photo A. B.-J.



Un terrain situé dans la vallée de la Siagne est pressenti pour accueillir le futur centre de traitement. Mais pas à n'importe quelles conditions. Rien n'est officiel. Mais c'est bien La Roquette-sur-Siagne qui semble la mieux placée pour accueillir le futur centre de traitement de déchets du SIVADES (Syndicat Intercommunal pour la Valorisation des Déchets du Secteur Cannes-Grasse).

C'est plus précisément dans la vallée de la Siagne sur des terrains aujourd'hui agricoles d'une superficie de 7 hectares que le projet pourrait naître.

Car si la commune de Cannes a un temps été citée, David Lisnard, premier adjoint et conseiller général, balaie l'hypothèse : « Cela n'est ni évoqué, ni prévu. En outre, on accueille déjà le centre de tri... » A Grasse, faute de disposer d'un terrain d'une telle superficie, on n'est pas plus volontaire pour abriter le futur bâtiment qui devra traiter 100 000 tonnes de déchets par an (lire par ailleurs).

À la Roquette, où on se garde bien de toute annonce officielle, l'heure est, de prime abord, à l'attentisme. « On n'est pas candidat, rappelle Jacques Pouplot, premier adjoint. On attend la décision du préfet pour la mi-novembre. On sait qu'il a une préférence pour La Roquette et qu'il peut nous imposer l'équipement via un Projet d'Intérêt Général ». Pour autant, la petite commune se prépare à l'éventualité. Et plutôt sérieusement. N'ayant pas l'intention de subir la situation, elle demande un certain nombre de garanties. Environnementales d'abord. « Nous exigeons qu'il n'y ait ni pollution ni rejet dans l'air ». Des inquiétudes légitimes auxquelles a déjà répondu « en partie » le SIVADES en rassurant sur les normes en vigueur.

« On veut 50 % de la TP »

La Roquette demande aussi une contrepartie financière. Et pas des moindres. « On réclame 50 % de la Taxe Professionnelle ou son substitut, qui devrait se situer entre 1,5 et 2,5 Me sur cette installation ». Pour la petite commune, c'est l'occasion rêvée de doper l'attribution de compensation issue de la taxe professionnelle reversée par l'Agglo. C'est ainsi une opportunité inespérée de sortir de sa précarité financière.

Autant dire que cet appétit financier sera plus délicat à assouvir. Car c'est la Communauté d'Agglomération Pôle Azur Provence, dont fait partie La Roquette, qui devrait percevoir dans son intégralité la TP générée par le futur centre. Sur ce point, des négociations, qu'on devine âpres, sont en cours. « On négocie effectivement, confie-t-on à la CAPAP. De toute façon, il faudra sans doute trouver un montage juridique ». Mais La Roquette prévient : « Si on n'obtient pas cette contrepartie, on se battra contre le projet. Pas de raison qu'on soit la poubelle locale... Il s'agit d'un édifice public. Il est normal qu'il puisse alléger les impôts des Roquettans ».

Des réserves techniques

Enfin, La Roquette émet des réserves sur le contenu technique du projet. Celui-ci prévoit un centre de compostage et un incinérateur. Selon Jacques Pouplot, ce dernier équipement n'est pas indispensable tout de suite. « Aujourd'hui, les incinérateurs de Nice et Antibes brûlent tout. Si le département impose des centres de tri et de compostage un peu partout, cela allégera leur tonnage. Certes, il faudra prévoir des incinérateurs nouvelle génération, mais plus tard, quand les deux existants seront révolus. Selon moi, c'est la voix de la raison. C'est l'argent du contribuable tout de même ! »

Une opinion que ne partage pas Maxime Coullet, président du SIVADES : « Un incinérateur est indispensable. Si la solidarité départementale était forte, on aurait pu faire un plan... Déjà, le SIDOM a accepté de brûler 8 000 tonnes pour nous. C'est un geste que j'apprécie...». Un bras de fer s'engage donc dans les coulisses de l'intercommunalité du bassin Cannes-Grasse. Une chose est sûre : le temps presse. Une réunion technique du SIVADES est prévue ces jours prochains. « J'espère une annonce officielle de la commune concernée d'ici là » glisse Maxime Coullet.

garama@nicematin.fr

Rafaël Perrot

rperrot@nicematin.fr

Gaëlle Arama
Nice-Mati
Par Chantal Maimon
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés