Rachel Lombardo espère que sa situation va
se débloquer après son passage devant le tribunal administratif de Nice. : Photo Sylvie Béal
Rachel n'ose pas trop le dire, mais parfois elle dort dans sa voiture. Au Cannet. Lorsque dans le studio qu'elle partage avec son fils et l'amie de ce dernier, la situation devient trop lourde à supporter.
C'est une femme à bout qui est venue devant le tribunal administratif de Nice. Elle porte un corset car elle est gravement malade et est en attente d'une lourde opération. Mais tant qu'elle ne dispose pas d'un logement pour se poser, se reposer et assurer le suivi de ses soins, toute intervention est impossible.
Rachel Lombardo est une ancienne danseuse classique. Elle a animé dans la région cannoise de nombreux cours de danse de salon, de jazz, de claquettes.
Elle joue de malchance
Aujourd'hui retraitée, sa vie est un cauchemar. « J'ai habité dans le même appartement pendant 16 ans. Puis le propriétaire a décidé de vendre. J'ai dû partir en mars 2008 ». Et depuis, plus rien. Aidée par des associations caritatives, elle a pu être hébergée quelques nuits par-ci, par-là. Lorsque la commission préfectorale l'a considérée comme prioritaire au titre du droit au logement il y a environ un an (loi DALO), elle pensait voir le bout du tunnel. « Mais on ne m'a jamais proposé d'appartement », a-t-elle expliqué au tribunal administratif. « J'ai écrit aux élus à la mairie du Cannet, et à celle de Cannes où je me rends régulièrement. J'ai été appuyée par les médecins et mon kiné qui expliquent qu'il me faut un logement pour pouvoir me soigner ».
Rachel doit pouvoir prétendre à un F3 pour vivre avec son fils, qui a un statut de travailleur handicapé, et sa compagne. « Notre famille est aujourd'hui complètement éclatée et sur le point d'exploser. Mon mari vit dans sa famille. Je n'en peux plus ».
Lors de l'audience, le représentant du préfet a constaté que Rachel Lombardo avait joué de malchance. « Deux appartements ont été sur le point de se libérer au Cannet et à Cannes-La-Bocca. Mais au dernier moment, les occupants ont renoncé à la résiliation de leur bail. C'est vraiment malheureux ».
Rachel doit donc encore attendre. Mais la « confrontation » qui s'est déroulée au tribunal, avec beaucoup d'attention et d'humanité, va peut-être permettre de faire accélérer les choses.